Mahjong TideArchives de l’Art du jour

Art du jour · 29 septembre 2026

Juin flamboyant

Un corps endormi devient un cercle presque parfait.

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Une femme endormie se recroqueville en cercle sous une draperie orange translucide sur un banc en marbre
Artiste
Frederic Leighton
Date
1895
Technique
Huile sur toile
Collection
Musée d'Art de Ponce

Une pose construite pour un carré

Leighton ramasse la silhouette de façon à ce que jambe repliée, torse et bras forment un mouvement circulaire. La draperie résout une grande part de la difficulté : elle dissimule les articulations délicates et porte la couleur d'un bout à l'autre du corps. Le tissu orange transparent laisse paraître assez d'anatomie pour donner présence à la dormeuse tout en préservant l'unité décorative du tableau.

La chaleur rendue visible

Le titre ne renvoie à aucun récit. La couleur et la posture évoquent plutôt la torpeur d'un après-midi d'été. L'orange semble rayonner contre la fraîcheur du marbre gris et le bleu lointain de la mer. La joue empourprée de la dormeuse, son pied nu et sa main relâchée donnent à la chaleur une présence corporelle plutôt que météorologique.

Une icône presque perdue de vue

Le laurier-rose, en haut à droite, est souvent interprété comme un rappel du danger ou de la mort, sans qu'aucune lecture ne s'impose. Le tableau lui-même a disparu de la vue du public pendant des décennies et passait pour démodé lorsque Luis A. Ferré l'a acquis dans les années 1960. Il est depuis devenu l'œuvre la plus célèbre du Museo de Arte de Ponce.

Une pose difficile rendue naturelle

La dormeuse se replie en un cercle presque parfait, un bras sous la tête et une jambe fléchie avançant vers le plan du tableau. Leighton s'est appuyé sur des études préparatoires pour résoudre cette anatomie ramassée. La transparence du tissu orange en atténue ensuite la difficulté : ses longues courbes relient genoux, épaule et chevelure jusqu'à faire du corps une forme continue.

Une fleur d'oléandre toxique apparaît au-dessus de la balustrade, souvent interprétée comme un rappel de la mort auprès du sommeil. Cette association est possible, mais la couleur et l'emplacement comptent tout autant. La petite fleur pâle interrompt l'orange dominant, près de la lointaine bande de mer. Le tissu chaud emplit le premier plan tandis qu'un monde plus frais et plus lointain subsiste au-delà, donnant à ce repos quelque chose de clos et de légèrement précaire.

Sources et lectures complémentaires