Mahjong TideArchives de l’Art du jour

Art du jour · 5 octobre 2026

Le Bain de l’enfant

Deux paires de mains maintiennent l’ensemble de la composition.

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Une femme tient un enfant sur ses genoux et lui lave les pieds dans un bassin vu d'en haut
Artiste
Mary Cassatt
Date
1893
Technique
Huile sur toile
Collection
Art Institute of Chicago

Le soin raconté par le toucher

L'adulte et l'enfant ne croisent pas notre regard. Leur concentration passe par les gestes : les mains soutiennent, équilibrent et lavent. Cassatt évite l'étreinte sentimentale posée et choisit un soin concret qui exige de la confiance. Le cadrage serré nous place à cette distance intime sans jamais interrompre la scène.

Une pièce inclinée vers la surface

Le bassin paraît presque circulaire, alors que la perspective devrait le rendre plus elliptique. Le sol et les meubles remontent fortement derrière les personnages. Cet espace aplati maintient les motifs bien visibles et rapproche l'eau, la cruche et les pieds du plan de la toile.

Le regard tourné vers les estampes japonaises

Cassatt admirait les ukiyo-e japonais et réalisa des estampes en couleurs après avoir vu une grande exposition parisienne en 1890. Leurs points de vue élevés, leurs formes recadrées et leurs motifs décoratifs ont influencé des œuvres telles que Le Bain de l'enfant. Elle ne s'est pas contentée d'imiter un style. Elle s'est servie de ces conceptions de l'espace pour donner à l'expérience domestique une nouvelle force visuelle et une dignité monumentale.

Un rituel privé vu d'en haut

Cassatt relève le point de vue, de sorte que la cuvette, le broc et le sol à motifs s'ouvrent vers nous. Le corps de l'enfant reste solidement enveloppé par les bras et la robe rayée de l'adulte, qui dessinent un cercle protecteur dans cet espace décoratif aplati. Nous voyons clairement la toilette sans que la scène paraisse exposée, car les deux personnages se concentrent sur le même geste intime.

Les estampes japonaises ont aidé Cassatt à repenser le cadrage, le contour et les surfaces à motifs. Cette influence demeure visible sans réduire le tableau à une imitation. La perspective plongeante rend la cuvette presque ronde, le papier peint et le tapis affirment leurs motifs, et la profondeur laissée vide compte moins que l'agencement des formes. Par la composition autant que par la tendresse, les soins du quotidien deviennent un sujet digne d'une peinture ambitieuse.

Sources et lectures complémentaires